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Notice d'autorité
Cinéma Spoutnik
Collectivité · 1985-*

Le cinéma Spoutnik voit le jour dans le cadre des activités d'État d'urgences. C’est face à l’impossibilité de mener leurs activités culturelles et festives que se forme le groupe État d’urgences – d’abord suite l’expulsion du squat du Conseil général, puis la fermeture de la Maison du Grütli aux activités culturelles. La recherche d’un lieu « sans horaires, autonome et autogéré, qui soit à la fois un bar, une discothèque et un lieu culturel permanent » est donc au coeur des préoccupations, afin d’y mener les activités suivantes : musique rock et jazz, cinéma, théâtre, pratique d’exposition et fête. État d’urgences organise des actions revendicatives pendant plusieurs mois (manifestations, concerts, discos, expositions, etc.), pour dénoncer la fermeture systématique de lieux culturels et faire pression sur les autorités municipales pour obtenir un lieu.

Formé initialement de cinq jeunes réalisateur·ices, pour la plupart encore étudiant·es à l'École supérieur d'art visuel, le « groupe cinéma » d'État d'urgences se réunit chez Aude Vermeil et se donne comme fonction de « filmer toutes les actions futures d’État d’urgences » et de mener des « actions cinéma », c’est à dire des projections extérieures. Il est également prévu de réaliser des portraits des membres de l’association. Certains enregistrements vidéos de ces actions d’EU ont été versés par deux anciens membres d’EU (voir le fonds d'État d'urgence, 059_EU-SF01-S07).

Fin novembre 1985, l'association État d’urgences, tout juste créée, obtient en prêt à usage de la part de la Ville de Genève, la Villa Fiasko (10, rue Beaulacre). Les lieux sont rénovés par l’association et une salle de cinéma est installée. Le 1er avril 1986, le Spoutnik se fonde en association. Le groupe qui anime l’association est alors composé de Gérard Cavat, Catherine Cormon, Michel Favre, Pascal Magnin, Aude Vermeil, Jean Faravel, Nicolas Wadimoff, Vanja Baumberger et Richard Vetterli.

Après l'expulsion de FIA-SKO, le Spoutnik existe en itinérance, jusqu'à sa réouverture à l'UGDO. Dans un texte rédigé à la fin de l’année 1986 lors des négociations avec la Ville de Genève pour l’obtention de ce nouveau lieu, le groupe cinéma, désormais baptisé « Cinéma Spoutnik », explique : « En cinéma la nécessité d’intensifier les moyens de distribution est une évidence […], car en dehors du cinéma commercial, auquel finalement on doit beaucoup, les chances pour le jeune réalisateur ou l’expérimentateur de se confronter à un public sont minces. […] Un public potentiel et curieux existe, nous l’avons rencontré à FIA-SKO. Il était surpris et discutait ferme de ce cinéma ‘inconnu’. C’était une réponse bienvenue à notre travail et à ceux qui nous ont aidé ». Au sujet de la programmation, les auteur·ices poursuivent : « Décider de diffuser des films 16 mm et Super-8, c’est un autre choix ; d’abord économique, l’infrastructure légère demande peu d’investissement, mais c’est aussi un choix culturel, qui correspond à un besoin d’intensifier un réseau parallèle de distribution. […] Il est pour nous indispensable de lui offrir des débouchés. Modestes soit, mais nécessaires pour que les forces vives du cinéma indépendant touchent un public ». Suite à l’emménagement à l’UGDO, l’équipe du Spoutnik prévoit toujours élargir ses activités de distribution à « la production légère de films ».

En 1989, le Spoutnik réouvre à l'UGDO. Une partie de l'équipe initiale cède progressivement sa place à un nouveau groupe, dont les membres sont Didier Bufflier, Christophe Cupelin, Abel Davoine, François-Christophe Marzal, Jean-Christophe Pastor, Mauro Losa, Kate Reidy et Romed Wyder – nombreux d'entre elles et eux sont passés par l'ESAV et ont une pratique du cinéma. En 1990, le cinéma entame la structuration de son fonctionnement, lors d'une réunion dite « de fond » qui a lieu le 8 avril. Sont nommé·es permanent·es Richard et Vanja, le cahier des charges du poste est joint au PV. Il est également mention, dans ce même PV, que les membres du groupe à l'origine du Spoutnik ont désormais le statut d'ex-membres.

En 1992, après 3 ans de bénévolat, trois groupes usagers de l'Usine (Forde, le Théâtre de l'Usine et le Spoutnik) fondent l'Association des trois groupes culturels d'État d'urgences (ACGU) pour obtenir une subvention de fonctionnement.

En 2005-2006, une réorganisation du fonctionnement du cinéma a lieu. Les AC ne conservent malheureusement pas les PV qui définissent la forme finale adoptée probablement en 2006, mais les PV de fin 2005 nous donne une idée de la forme qui sera finalement choisie: un mandat de gestion complète du cinéma est donné à une personne ou un groupe, sur projet. À ce moment là, deux variantes de fonctionnement sont envisagées: 1. avec participation du collectif en charge du cinéma jusqu'alors (lors d'une réunion mensuelle), ou 2. sans aucune intervention de celui-ci.

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