Le journal Clit 007 est fondé en 1981, probablement par Vanille-Fraise, groupe de lesbiennes politiques. Il paraît de façon trimestrielle jusqu'en 1986. À partir du numéro 15, il s'intitule « ILIS bulletin, bulletin, boletín: publié par Clit 007 » au moment où Vanille-Fraise reprend le secrétariat tournant d'ILIS.
Genève
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Il existe un groupe informel de lesbiennes au sein du MLF genevois, constitué peu après sa fondation. Il est à l'origine de textes internes sur l'homosexualité et le lesbianisme (notamment le texte « Héteros on est navrées de vous gêner ! », 1972), et permet entre autre un travail de politisation de la question lesbienne dans le groupe. Cette organisation séparatiste se confirme peu à peu jusqu'à devenir l'un des multiples groupes internes au MLF, s'appelant tantôt GL (groupe des lesbiennes) ou FHAR-femmes (soulignant les tentatives de rapprochement avec les groupes homosexuels, alors composés majoritairement d'hommes).
L'anti-congrès de 1975, organisé en réponse aux événements officiels portés par le mouvement féministe traditionnel à l'occasion de l'« année de la femme » déclarée par l'ONU, est un moment catalyseur pour les groupes lesbiens de Suisse. Les lesbiennes du MLF genevois jouent un rôle important dans sa tenue au point que l'homosexualité est l'un des thèmes centraux, avec l'avortement.
Cette affirmation progressive au sein du MLF donne finalement naissance, en 1979, à Vanille-Fraise, groupe de lesbiennes politiques. Cette dynamique séparatiste est propre au développement du lesbianisme politique à la fin des années 1970 (l'article fondateur de Monique Wittig « Les lesbiennes ne sont pas des femmes » est publié dans Questions féministes en mai 1980).
Le groupe se forme à Genève autour de 1974 suite à des échanges avec le groupe Lotta femminista de Padoue et des rencontres avec les féministes Mariarosa Dalla Costa et Selma James. Il comprend à ses débuts une quinzaine de femmes. En 1975, le groupe publie le 1er numéro du journal L'Insoumise à l'occasion de l'anti-congrès à Berne et tente pendant quelques années d'imposer la question du salaire ménager au sein du MLF comme stratégie de lutte. « Dans le cadre du MLF, [les femmes de l'Insoumise] participent à la rédaction de deux journaux : De fil en aiguille, publié en 1973, et De mère en fille en 1974, fruit des discussion du Groupe de mères, un sous-groupe du MLF » (Toupin 2014). Les Insoumises mènent de nombreuses action et sont à l'origine du recueil de textes Le Foyer de l'insurrection en 1977. Elles sont divisées en plusieurs sous-groupes : Vanille-Fraise, Blé et tchador, Mauvaises mères.
Membre actif de l'ADUPSY.
Périodique militant (cf. collection ici)
Le 25 mai 1976 les directeurs de l'usine de mécanique SARCEM à Meyrin annoncent qu'ils ne peuvent pas verser les salaires de mai. Le 31 mai, alors que la paye n'arrive pas les employé.es interrompent le travail à 15h30 et se réunissent en assemblée. Ils désignent à ce moment là un comité d'entreprise pour s'adresser à la direction. Le lendemain le patron annonce au comité son intention de déposer le bilan tout en lui proposant de participer à un plan de redressement. Les travailleurs et travailleuses reprennent le travail jusqu'à ce qu'ils apprennent que leur patron a en réalité déjà déposé le bilan. L'occupation immédiate de l'usine est votée à l'unanimité. Elle durera 4 mois, jusqu'au rachat de l'entreprise avec la garantie pour tou.tes les employé.es de conserver leur poste aux mêmes conditions. Tout au long de la mobilisation les ouvriers.ères, organisé.es en assemblée, signent leurs communications "les travailleurs de SARCEM".
Le Centre d’Orientation, de Réinsertion professionnelle et de Rencontre pour les Femmes (CORREF) est monté à Genève en 1975 par une quarantaine de femmes féministes. Il propose des stages pour des femmes âgée de 25 à 55 ans, sans emploi depuis au moins un an, qui souhaitent reprendre une activité professionnelle.
Le premier stage s'est déroulé du 9 janvier au 10 février 1978 dans les locaux mis à disposition par la Direction des cours commerciaux. Le programme de cette session, (selon la méthode « Retravailler », élaborée par la sociologue française Evelyne Sullerot, spécialiste des problèmes du travail féminin) de 5 semaines comprend durant 4 heures par jour, l'animation d'un groupe de femmes désireuses de s'engager dans la vie professionnelle. Il s'agit de créer le groupe et, à l'aide d'exercices gradués de mémorisation, logique, expression orale et écrite, attention, calcul mental, organisation spatiale, amener les participantes à tester et améliorer progressivement leurs facultés puis à procéder à une auto-orientation professionnelle.(1)
En plus des stages "Retravailler" le CORREF entend pousser l'Etat et les institutions en charge de la formation à adapter les réglements afin de faciliter le retour aux études pour les femmes adultes. En 1980 il soutient une motion pour supprimer l'âge maximum d'admission dans l'enseignement secondaire et en 1982 il est à l'initiative, avec d'autres groupes, d'une pétition visant à changer le système d'octroi des bourses d'études en faveur des adultes.
En 1981 un CORREF lausannois voit le jour. Le centre est toujours actif aujourd'hui mais son activité est désormais étendue à d'autres populations.
(1) Questions au féminin numéro 2 ; Le Centre CORREF et les stages RETRAVAILLER, Jacqueline Berenstein-Wavre